Quand les Bauges résistaient
L’histoire vraie derrière le roman
En écrivant La Diva des Bauges, je savais que ce massif savoyard porterait bien plus qu’un simple décor de polar. Les Bauges portent des cicatrices que le temps n’a pas effacées, et c’est en fouillant dans cette mémoire que j’ai trouvé l’un des ressorts les plus puissants de mon intrigue.
Juillet 1944. Le massif des Bauges, coincé entre Chambéry et Annecy, est truffé de maquis. La Résistance y prospère, protégée par des accès resserrés et des chalets d’alpage disséminés sur les hauteurs. Mais les Allemands le savent, et ils préparent leur riposte.
Le 4 juillet, c’est l’assaut. Environ un millier d’hommes du premier régiment de chasseurs alpins de réserve — les redoutables Gebirgsjäger — lancent une offensive de grande envergure. Quatre colonnes investissent simultanément les montagnes par tous les cols : le Frêne, Plaimpalais, la Bornette, et depuis Annecy. Toute retraite vers le nord est coupée. Le massif est un piège.
À Bellecombe-en-Bauges, les événements prennent un tour tragique. Des hommes sont arrêtés, torturés, exécutés. Quinze morts en quelques heures. Des fermes brûlées. Des vies fauchées avec une violence inouïe. Une stèle aux martyrs de la barbarie nazie rappelle aujourd’hui ce qui s’est passé dans ces vallées paisibles.
Quelques mois plus tôt, c’est le plateau des Glières qui avait été le théâtre d’un drame similaire. Choisi pour recevoir des parachutages britanniques d’armes, le plateau avait vu se rassembler un maquis commandé par le lieutenant Tom Morel, tué le 10 mars 1944, puis par le capitaine Anjot, tué le 27. Encerclés par plus de 3 000 soldats de la Wehrmacht et 700 miliciens, bombardés par la Luftwaffe, les maquisards avaient dû évacuer après un baroud d’honneur. Le bilan : 120 morts parmi les résistants.
Pourquoi raconter tout cela dans un polar ? Parce que l’Histoire ne dort jamais complètement. Dans La Diva des Bauges, mes personnages découvrent que le passé de cette terre a des conséquences très concrètes sur le présent. Un mystérieux dossier « Juillet », une maison qui semble hantée par des présences, un lien troublant entre les événements de 1944 et des meurtres contemporains… Je n’en dirai pas plus, mais sachez que la fiction et l’Histoire se nourrissent mutuellement dans ce livre.
En écrivant ces pages, j’ai voulu rendre hommage à ces hommes — Robert Lafrasse, Cyrille Garin, Jean Bichostowsky, Raymond Bel, François Jourdan, et tous les autres — dont les noms méritent de ne pas sombrer dans l’oubli. Leurs sacrifices font partie de l’âme de ce massif que j’aime tant.
Cet article est tiré du roman La Diva des Bauges d’Oliver Carzon.
31. La Diva des Bauges
Refaire sa vie n’est jamais chose aisée, surtout quand il y a de l’argent en jeu !
Parution : Septembre 2024
ISBN : 978-27417077-07
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