L’affaire du col Dyatlov
Neuf randonneurs, une montagne de la mort et une force irrésistible inconnue
Vers la montagne interdite
Février 1959. Neuf étudiants de l’université de Sverdlovsk — aujourd’hui Iekaterinbourg, tristement célèbre pour le massacre de la famille Romanov en 1918 — partent randonner dans l’Oural, région centrale de la Russie réputée pour ses paysages aussi sauvages que grandioses, mais alors totalement inhabitée. Leur objectif : le mont Otorten, dont le nom en langue Mansi signifie « Ne va pas là-bas ! ».
Le chemin les mène à travers le Kholat Syakhl, littéralement « Montagne de la Mort » dans la langue des Mansis, peuple autochtone également appelé les Vogoules, qui prétendent descendre directement des Sumériens. Installés le long du fleuve Ob bien avant l’arrivée des Russes au XVIe siècle, ils ne sont plus aujourd’hui qu’à peine 13 000 personnes, un peuple en voie d’extinction.
La découverte macabre : trois scènes, neuf corps
Quand les secours atteignent enfin la zone, plusieurs semaines après la disparition du groupe, ils découvrent une scène qui défie toute logique. La tente des randonneurs a été lacerée de l’intérieur, comme si ses occupants avaient fui dans la panique la plus totale, en pleine nuit, par des températures polaires. Les corps sont retrouvés dispersés sur un vaste périmètre, en trois groupes distincts, comme les actes d’une tragédie.
Premier groupe — Au pied d’un grand sapin, à environ 1 5 km de la tente. C’est là que sont retrouvés les corps de Gueorgui Krivonischenko et Iouri Dorochenko, à peine vêtus, autour des restes d’un feu de camp dérisoire. Ils semblent avoir été les premiers à mourir, terrassés par le froid.
Deuxième groupe — Entre la tente et le sapin, dispersés sur la pente. Trois corps sont retrouvés à des distances différentes, comme si chacun était tombé en tentant de remonter vers la tente. Igor Dyatlov, le chef de l’expédition, est couché dans la neige, le visage tourné vers le campement. Plus loin, Zinaïda Komogorova, dans une posture similaire. Et enfin Vladimir Slobodine, surnommé « le randonneur aux quatre chaussettes » — il avait superposé quatre paires de chaussettes, comme s’il avait eu le temps de se préparer au froid, mais pas de mettre ses chaussures.
Troisième groupe — Dans un ravin, au fond d’un ruisseau, à plus de 70 mètres du sapin. Ce sont les quatre derniers corps, retrouvés seulement en mai, quand la neige a fondu. Leurs blessures sont les plus effroyables. Nikolaï Thibeaux-Brignolles — dont le père français, communiste convaincu, avait été fusillé par Staline — présente un crâne fracturé. Sacha Kolevatov et Alexandre Zolotarev sont allongés l’un contre l’autre, comme s’ils avaient tenté de se réchauffer mutuellement ; Zolotarev a les yeux arrachés. Et Ludmilla Dubinina, la dernière femme du groupe, est retrouvée à genoux, la langue arrachée.
Ce qui glace le sang, ce n’est pas seulement la violence des mutilations — c’est leur sélectivité. Des fractures équivalentes à un choc automobile, mais aucune trace extérieure de coup. Des organes arrachés, mais aucune trace animale. Et surtout : pourquoi avoir fui la tente presque nus, en la lacérant de l’intérieur, plutôt que d’ouvrir simplement la fermeture ?
Une force irrésistible inconnue
L’enquête soviétique conclut officiellement à la manifestation d’une « force irrésistible inconnue ». Aucune explication logique n’a jamais été apportée. Fait révélateur : la zone où périrent les neuf randonneurs fut totalement bouclée pendant trois ans. Le col, qui ne portait auparavant aucun nom, fut rebaptisé col Dyatlov en mémoire du chef de l’expédition.
Une chape de plomb typiquement soviétique s’est posée sur cette affaire, devenue l’une des plus énigmatiques histoires survenues dans l’ex-URSS. Le livre qui lui est consacré, De la plus grande complexité, présente selon les spécialistes une version très optimiste des faits.
Quelques liens à propos de cette affaire :
Article Wikipedia
Podcast émission Affaires sensibles du 21 avril 2021 sur France Inter
Bande dessinée : Le Mystère du col Dyatlov de Jandro & Mayen aux éditions Le Lombard
Cet article est tiré du roman L’impossible survivant d’Oliver Carzon.
3. L’impossible Survivant
De nombreux passagers du Titanic affirment avoir vu, au ras des vagues, les lumières d’un bateau tout proche. Quel était ce navire que jamais personne n’a vraiment recherché ?
Parution: Décembre 2016
Acheter au format Kindle sur Amazon : 3,99 €
Vous souhaitez faire dédicacer ce livre ? C’est possible (et gratuit) ! Indiquez-moi la dédicace que vous souhaitez, par email ou via la page contact de ce site.



