Les mystères du Titanic
Quand la réalité dépasse la fiction : faits méconnus et zones d’ombre du plus célèbre naufrage
Un géant des mers aux pieds d’argile
Le RMS Titanic — RMS pour Royal Mail Ship, préfixe désignant depuis 1850 les navires privés transportant le courrier de la Couronne britannique — reste le naufrage le plus emblématique de l’histoire maritime. Avec ses 269 mètres de long, ses 28 mètres de large, ses 53 mètres de hauteur et un tonnage d’environ 46 000 tonnes, il était le plus grand paquebot du monde. Dix ponts, 885 membres d’équipage, une capacité de 2 670 passagers et un coût de plus de 200 millions de dollars… Le Titanic était un monument flottant.
Ce monument a été bâti aux chantiers Harland & Wolff de Belfast, fondés en 1861, qui entretenaient un accord exclusif avec la White Star Line. C’est dans ces mêmes chantiers que furent construits l’Olympic et le Britannic, ses navires-frères. Mais derrière la grandeur se cachait une négligence criminelle : l’ingénieur Alexander Montgomery Carlisle, surnommé « Big Alec », responsable des dispositifs de sauvetage, savait pertinemment qu’il n’y avait pas assez de canots. Des considérations financières avaient dicté ses choix. Lors du naufrage, avec 2 344 personnes à bord, seulement 53% auraient pu être sauvées à effectif plein — ce qui ne fut même pas le cas.
Suite au naufrage, 328 corps ont été retrouvés dérivant autour du lieu de la catastrophe. Plus de 1 000 ne furent jamais retrouvés. À 4 000 mètres de profondeur, l’eau extrêmement acide a dissous les restes humains et désintégré la plupart des éléments en bois du navire.
Des visages derrière la catastrophe
Parmi les oubliés de l’Histoire, John Hall Hutchinson, charpentier du navire, né en 1884 à Woolston, fut le premier à inspecter les soutes et à réaliser que le navire était perdu. Il disparut dans le naufrage et son corps ne fut jamais retrouvé. Frederick Fleet, l’homme qui vit l’iceberg et donna l’alerte, connaît un destin tout aussi tragique : abandonné très jeune, rescapé du naufrage, il devint livreur de journaux avant d’être retrouvé pendu chez lui le 10 janvier 1965 à Southampton.
Jack Phillips, opérateur radio de 25 ans, envoya des signaux de détresse jusqu’au dernier moment. Son collègue Harold Bride parvint à joindre le RMS Carpathia et survit en se hissant sur le radeau pliable B, mais resta grièvement blessé aux jambes et souffrit de problèmes respiratoires qui l’emportèrent en 1956. Le nouveau signal SOS, adopté lors de la conférence de Berlin en 1906, fut utilisé conjointement avec l’ancien code CQD.
Quant aux puissants de ce monde, le Colonel Astor IV, l’un des hommes les plus riches d’Amérique, trouva la mort avec Isidor Strauss et sa femme Rosalie Ida, qui refusa de l’abandonner. Un major canadien, Peuchen, réalisa une fois sur le pont qu’il avait oublié dans sa cabine une caissette contenant 400 000 dollars en actions. Fouillant ses poches, il découvrit n’avoir emporté que trois oranges…
L’affaire des canots et le mystère du navire fantôme
Après le débarquement des canots à New York, des chasseurs de curiosités macabres pillèrent les embarcations dès la nuit, arrachant plaques de laiton et immatriculations pour les revendre entre 5 et 25 dollars le long des quais. Des gardes armés durent être déployés. Les 13 canots furent estimés à 5 446 dollars et probablement ramenés à Southampton pour être réutilisés sur d’autres navires. Six embarcations, quant à elles, disparurent sans qu’on ne sache jamais ce qu’elles devinrent.
Plus troublant encore : la nuit du naufrage, sept navires se trouvaient à proximité. Le RMS Californian du commandant Stanley Lord, pris dans les glaces, ne réagit pas aux signaux de détresse. Mais entre le Titanic et le Californian, il y avait probablement un navire inconnu, extrêmement proche — entre 5 et 6,5 kilomètres —, qui aurait eu tout le temps de secourir les naufragés. On a longtemps évoqué le Samson, un cargo norvégien dont le commandant, pratiquant la chasse aux phoques illégalement, aurait préféré s’esquiver. Plus de cent ans après, la polémique persiste.
Et le mirage froid ? Des recherches récentes ont confirmé que les conditions de température cette nuit-là ont provoqué un phénomène optique exceptionnel. Le capitaine Lord du Californian voyait bien le Titanic sombrer, mais l’image lui paraissait beaucoup trop lointaine pour être prise au sérieux. En réalité, le Titanic était bien plus proche que ce que ses yeux lui montraient.
Bruce Ismay : l’homme le plus détesté de l’Atlantique
Joseph Bruce Ismay, président de la White Star Line, survit au naufrage en sautant discrètement à bord d’un canot. Il est clairement établi qu’il poussa régulièrement le commandant Smith à aller toujours plus vite, au mépris des règles de sécurité les plus élémentaires. Contraint de quitter ses fonctions, il ne quitta pas pour autant le monde des affaires et mourut le 15 octobre 1937, son nom à jamais couvert d’opprobre. Quatre officiers rescapés contredisent les versions de certains journalistes américains concernant la conduite de l’équipage.
Cet article est tiré du roman L’impossible survivant d’Oliver Carzon.
3. L’impossible Survivant
De nombreux passagers du Titanic affirment avoir vu, au ras des vagues, les lumières d’un bateau tout proche. Quel était ce navire que jamais personne n’a vraiment recherché ?
Parution: Décembre 2016
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